Trois mensonges
Tout ce système tient sur trois mensonges qu'on répète assez fort pour ne plus les entendre.
Que les engins de mort qu'on fabrique resteront sous contrôle. Que la terre fournira toujours. Que ce qu'on jette disparaît quelque part.
Aucun des trois ne tient debout dix secondes si on le regarde en face. On le sait. On continue, parce que les admettre obligerait à tout réorganiser — et personne ne veut être celui qui commence.
Tant qu'on les tiendra pour vrais, la suite est déjà écrite : les mêmes souffrances, les mêmes injustices, un peu plus lourdes à chaque décennie.
À ce stade, il ne reste que deux routes. Ou les gens reprennent la main sur ce qui les concerne, avec la solidarité comme boussole plutôt que le calcul de chacun pour soi. Ou il n'y aura bientôt plus rien à reprendre.
Ce n'est pas du catastrophisme. C'est de l'arithmétique.